Lâcher prise au travail, est-ce possible?

 

Lâcher prise ? Cela peut s’entendre dans différents sens. Pour les uns, c’est «décrocher mentalement», prendre du recul et arrêter de se «prendre la tête» inutilement. C’est l’attitude stoïque prônée par les anciens : «Si un problème a une solution, alors il est inutile de s’en inquiéter ; s’il n’en a pas, s’inquiéter n’y changera rien.»

 

Le lâcher prise peut s’entendre aussi comme un baisse de ses exigences dans la qualité de son travail, c’est à dire aller à l’encontre d’un penchant pour le perfectionnisme ou pour une exigence de qualité dans le travail. Est-ce vraiment possible ?

 

Nous attendons vos témoignages, expériences et conseils.

 

Ressources :

Commentaires

Aurélie

Bonjour,

Je me suis beaucoup investi dans mon travail ces dernières années. Puis j’ai fait un burnout, il y a deux ans. J’ai repris le travail après un long arrêt. Désormais je me ménage. Je ne cherche plus a régler tous les problèmes de tout le monde. Chargée de clientèle dans une banque, je sais que nos objectifs sont inatteignables. J’ai appris que si on veut satisfaire vraiment les  clients, il faut passé du temps avec eux. Et c’est au détriment d’autres clients et des exigences de la direction qui demande de faire du chiffre et de vendre des produits (assurance vie, placements). Lâcher prise pour moi, c’est une condition de survie.

Julien

Cela m’est arrivé hier. J’ai perdu dans le train, mon journal de bord. Un carnet de note ou je notes, mes idées. Des dizaines de pages de souvenirs, d’idées. Hier, j’étais tourmenté. Je m’en suis voulu, je ruminé tout la journée sur les idées qui s’y trouvais à jamais perdu.

Ce matin, j’ai pris le parti pris d’en rire en me souvenant ce que disait Epictète « Ce qui dépende de nous et ne dépend pas de nous ». Se prendre la tête pour une chose auquel on ne peut rien est inutile, inefficace et dévastateur. Pour moi, c’est cela le lâcher prise. C’est ce que pratique quand mon ordinateur plante, quand je suis en retard et bloqué dans les transports

Rachid

Pour moi le lâcher prise c’est une façon de travailler efficacement, refuser de poursuivre des idéaux qui me perturbe et me font faire du sur place.  En tant que chef de projet, j’ai longtemps voulu être Monsieur Parfait : dans les réunions celui qui a réponse à tout, qui n’est jamais pris en défaut quand on le sollicite, celui qui doit trouver des réponses à tous les problèmes. Maintenant je m’y prends autrement, En réunion, j’accepte de ne pas avoir le dernier mot. Mieux l’accepte même de ne pas savoir d’avoir tort (si, si) ou de me taire même si ne je suis pas d’accord (qu’importe…). Il m’arrive même  de demander de l’aide, un avis, un conseil. Dans mon boulot, j’intègre le fait que le design du site ne soit pas parfait (on peut toujours améliorer, et perfectionner, changer une couleur, une typo). Je sais que certaines fonctionnalités ne marcheront pas bien, et qu’il faudra les reprendre, j’accepte l’idée que le résultat ne puisse ne plaire pas à tout le monde. 

J’accepte d’être faillible. Cela ne me conduit pas à démissionner et de me contenter du « vite fait mal fait » : au contraire j’avance plus vite et aussi bien. simplement je ne passe pas des heures et des heures à reprendre sans fin mes texte à la recherche de la formulation idéales, et j’accepte même de ne pas finir mon témoignage pour l’envoyer sans perdre trop de temps

Le mieux est l’ennemi du bien. C’est ça le lâcher prise pour moi.

Je m’en porte mieux. Et je crois que mes collaborateurs aussi

philipe

je partage entiérement votre posture Rachid, je suis directeur d'un centre de soins pour toxicomanes et cela fait in bien fou a tout le monde que le chef dise qu'il ne sait pas qu'il n'a pas de réponse, que peut etre collectivement nous trouverons la solution car le tout est plus que la somme des parties, c'est le management humanistre et participatif pour ne pas dire démocratique, et ca aide tout le monde a lacher prise pour s'ouvrir de nouveaux horizons.

 

Annie R. 37 ans

Je suis Directrice artistique dans une société qui organise des d’événementiels  (congrès, colloques). Je suis très exigeante concernant la qualité des affiches et graphismes qui viennent de nos studios. Cela exige, je m’en rend compte souvent, de « mettre la pression » sur des graphistes qui travaillent pour nous. Il m’arrive de refaire faire des visuels 10 fois de suite. C’est pour moi un gage de professionnalisme. De toute façon, j’ai du mal à terminer un projet tant que je n’ai pas obtenu exactement ce que je voulais. Mais cela m’a valu régulièrement des tensions avec mes collègues qui me trouvent rigides et exigeantes.  Récemment j’ai eu une dispute très violente avec un amie que j’aime beaucoup. Elle a « craqué » et est tombé malade. Du coup je me sans un peu coupable. J’ai compris qu’il fallait peut-être que je « lâche prise », c’est-à-dire que j’accepte parfois de laisser partir un produit même s’il ne répond pas à mes attentes. Mais est-ce possible ? L’exigence pour soi et pour les autres, n’est ce pas la condition du travail bien fait ?

philipe van Melle

lacher prise passe parfois par la compréhension que le mieux est parfois l'enemi du bien, le relativisme de notre petite place a notre petite affaire sans réelle importance au fond, il y a la vraie vie aprés le travail les rires avec ses enfants, ses amis, la joie pour rien juste pour elle meme....

philipe

En adhérant au MFRB le mouvement francais pour un revenu de base, j'ai compris qu'il faut changer notre rapport au travail qui vient de tripallium qui signifie instrument de torture a trois pieus. Il n'y aura plus jamais de travail pour tout le monde et il ne sert a rien de s'en émouvoir car le travail longtemps réservé aux esclaves est aujourd'hui produit en masse par des machines pour augmenter la rentabilité mais ne sont pas taxées comme le travail salarié. elle permettent de donner plus aux possédants et actionnaires mais en réinjectant la manne de ces charges dans la redistribution et en répartissant les richesses de facon moins scandaleuse il y a de quoi rémunérer tout le monde a concurrence de deux mille euros et ceux qui souhaitent rajouter a cela travailleront dans ine toute autre convivialité et liberté tandis que les autres s'engageront dans l'entraide les assos , la culture, le lien social qui manque tant. les parents manqueront moins a leurs enfants qui seront moins pertirbés et tout le monde s'y retrouvera. l'engagement pour une cause d'avant garde necessite de la prise de recul avec les schémas anciens, avec les représentations obsolétes. on s'y ressource pour continuer a travailler mais dans un autre etat d'esprit.

Louise (secrétaire médicale)

Je viens de commencer mon premier emploi, et dans les premiers jours je voulais tout faire parfaitement, même les timbres que je colle sur les envellopes devaient être parfaitement collés ! Après quelques semaines, je me suis rendu compte qu'il fallait que je fasse une hiérarchie sur ce qui était important, et ce qui l'était moins. Car c'est ça le problème : en voulant systématiquement faire tout bien, on en fini par être à court de temps, et dans la précipitation, à faire des fautes d'inattention très bêtes sur des choses sensibles !

Maintenant j'essaye de ne pas me "prendre la tête" sur des tâches que je juge accessoires (le collage de timbre par exemple !).

Le Derrouet Marc

Le lacher prise, j'en fais l'apprentissage après un arrêt de travail d'un mois et demi pour épuisement professionnel. Je suis formateur d'infirmier spécialisé, seul pour 2 promotions de 40 étudiants avec un nouveau programme que j'ai mis en place en 2012.

le lacher prise permet de mettre à distance les sujets qui avant m'énervaient, me prenait beaucoup d'énergie notamment les exigences de la hiérarchie. Il s'agit de les tenir à distance, mais san stransiger sur ce qui me parait important, notamment la qualité de la formation et mes valeurs. C'est aussi replacer le travail a sa juste place, ne plus se croire obliger de regarder ses amils constamment y compris en vacances, retrouver l'importance de la vie.

C'est aussi pour moi, travailler sur la reconnaissance et de qui l'attend -t-on? De sa hiérarchie ou des étudiants ou des professionels que j'ai formé?

B.L 12/04/2015

Que nous reste-t-il pour ne pas "imploser"? Le "lacher prise" est un moindre mal pour ne pas perdre pied dans cette société où le monde du travail se "durci" et change à grande vitesse. Les nouvelles politiques de management ne font plus du tout cas de l'humain et nous poussent à une concurence interne destructrice. Combien de fois m'attends dit: "on n'est pas là pour faire du social!" et si tu n'est pas content tu peux partir.. Ce changement de pratique dans les sociétés, j'en avait entendu parler, mais depuis 5 à 6 ans, elle est la norme dans des petites structures de 30 salariés! On nous divisent, on nous met sous pression, le stress est quotidien, les changements de toute sortes se généralisent. Les départs se font de plus en nombreux, ceux qui restent se marchent sur les pieds, et la direction persiste sur cette ligne suicidaire pour l'entreprise. La qualité se dégrade, les délais sont de plus en plus courts, le travail demandé n'est plus supportable par une seule personne, on délègue à n'importe qui, et au final c'est le client qui constate le résultat. Que faire, face à une hierarchie "autiste" et de mauvaise foi? Rien, car il détiennent l'arme absolue celle de la mise au rebus: le chômage. Alors je suis du même avis que tous ceux qui sont adeptes du "lacher prise" pour se protéger et ne pas perdre sa santé!

 

Sandrine

Enseignante en école supérieure, j'ai longtemps été angoissée par la crainte de ne pas satisfaire les attentes de mon établissement, et de me ridiculiser devant mes étudiants. Une question à laquelle on n'apporte pas la réponse, un lapsus, un comportement d'élève mal géré, et je perdais alors mes moyens. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que mes interventions représentaient moins de 5% du total de cours suivis annuellement par les étudiants, et qu'ils avaient pour la plupart oublié mon nom en fin d'année universitaire ! 

J'ai alors pris conscience de l'orgueil qui plaçait mon image devant le message que je délivrais. J'ai ainsi relativisé l'importance de ma contribution à leurs acquis, et j'ai focalisé mon mon perfectionnisme sur les outils et les contenus pédagogiques plus que sur mon apparence. Ce fut libérateur.

 

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